Rôle des Associations de Malades Fibromyalgiques
De la responsabilité des Bénévoles
Les associations, quelles quelles soient, se créent dans le but dorganiser des activités autour dun sujet donné. Ces activités ont différents intérêts en fonction de lorientation que les adhérents souhaitent donner à leur association. Dans le cas précis dassociation de malades, il est raisonnable de penser que ceux-ci recherchent non seulement un soutien moral, physique, matériel à leur problème mais aussi une information sur leur maladie, information que les médecins nont pas toujours la possibilité de donner.
Les bénévoles et l'information :
Il en découle une réelle responsabilité pour les bénévoles dirigeant ce type dassociation. En effet, nétant pas des professionnels, ces bénévoles sont amenés à parler de sujets médicaux sans avoir de connaissances élargies sur le sujet. Cest ainsi que certaines personnes ont tendance à tenir ou à répéter des propos qui leur semblent être de « bon sens » ou qui ont été relevés dans telle ou telle revue ou sur linternet. Labsence de confrontation de ces données avec un élément contradicteur fait que celles-ci sont reçues comme vérités irréfutables. Il y a là un danger : celui daffirmer à des personnes, en recherche de savoir, des éléments invérifiables pouvant être totalement faux.
Autre risque : le regard sur le malade qui contacte une association se fait uniquement en fonction de la propre expérience de la personne qui le reçoit et laisse penser à une uniformité de la maladie qui correspond à son propre état.
Cette situation doit être évitée : le bénévole dassociation doit toujours avoir à lesprit quil est profane en ce domaine et quil ne doit à aucun moment faire confiance à son instinct, à quelque texte qui soit, ni à son vécu. Il ne doit sappuyer que sur ce qui a été validé par des spécialistes.
La recherche de connaissances est légitime mais elle ne doit aucunement faire abstraction des avis de ces spécialistes, même si ces derniers ne vont pas dans le sens que lon pourrait souhaiter. Il faut bien considérer que, généralement, les malades eux-mêmes nont pas lobjectivité requise pour formuler une définition de la maladie.
Il est donc primordial de se faire aider et dencadrer nos actions dans un contexte validé par des médecins qui travaillent sur le sujet. Cest un partenariat qui doit sinstaurer. Les uns apportent leur savoir, les autres aident à la diffusion de ce savoir auprès des malades peu ou pas informés.
En aucune manière lassociation de malades ne doit prendre un rôle provocateur à lencontre de médecins ou dorganismes sociaux. Ce nest pas un syndicat, même si, pour certains, lesprit de corps se ressent, comme si les malades ne faisaient quune famille. Ce nest pas le nombre qui détermine la réalité de la maladie. Il apparaît naturel quune certaine affectivité rapproche les personnes atteintes dune même pathologie ; il ne faut pas pour autant en faire un lieu de vie. Cela risque de devenir un lieu dans lequel le regard sur la maladie devient de plus en plus négatif avec, comme conséquence, lisolement du malade de son milieu familial, professionnel et social, voire amical.
Lassociation doit apporter de linformation vérifiée médicalement, être un lieu découte pour les personnes en état de détresse, un lieu pour participer à des activités dynamisantes psychologiquement et souvent utiles physiquement.
Des ateliers proposés dans le cadre dune association de malades :
Lassociation peut organiser des ateliers visant à aider le malade à mieux évaluer ses réelles capacités, à accepter sa situation et à démarrer sa propre prise en charge « péri-médicale ». Il est indéniable que la participation active du malade est le meilleur moyen dévoluer vers une amélioration de son état. Les activités physiques sont réalisables si elles sont adaptées à lensemble des malades, avec des paliers dévolution, bases de réflexion pour entamer une étape suivante. Ces activités sont multiples et doivent proposer également un apprentissage du contrôle des facteurs du stress.
En ce sens et sans remplacer le rôle essentiel des médecins généralistes ou spécialistes, ni même supprimer la prise en charge paramédicale, les associations peuvent organiser un certain nombre dactivités ouvertes à ses adhérents. Celles-ci doivent tenir compte de la spécificité médicale des malades et, parfois, nécessitent laccord du médecin.
La première de ces activités est sûrement celle qui permet un travail sur la gestion du stress : la relaxation.
Différentes techniques de relaxation sont bien adaptées aux fibromyalgiques, quelles soient mentales ou physiques. Seul le patient, selon son état physique et psychologique, saura ce qui lui convient le mieux à un moment donné. La sophrologie est une des plus connues. Tout le monde n'y est pas forcément réceptif, cest pourtant une technique peu contraignante ; encore faut-il pouvoir éliminer ses tensions pour en profiter pleinement. Certaines personnes ny arrivent pas spontanément.
Il faut parfois, et au préalable, une prise en charge médicale comme la psychothérapie, lhypnose
Des groupes de paroles sont très utiles mais il est impératif que ceux-ci soient gérés par un professionnel. Les réunions entre malades, autour dun « thé-petits gâteaux » ou autre, ne constituent pas un groupe de parole et deviennent très souvent un lieu de plaintes, daggravation des propos et denfermement dans une logique négative.
La relaxation peut aussi être abordée par des techniques de gymnastique sensorielle.
Quelle que soit la méthode, la relaxation a une action positive sur lhyper réactivité au stress, sur les tensions musculaires, sur les troubles du sommeil et tout ce qui est ressenti comme agressif par le malade. Savoir se relaxer, permet dévacuer bon nombre de tensions et déviter de percevoir de façon violente celles du quotidien.
Les activités physiques ont pour but de ré-entraîner le malade à « leffort » ou de laider à se maintenir en bon état physique. Il faut limiter linactivité et lusage dorthèses. Le repos, en lui-même, sil est mal géré, nest pas bénéfique . Il est donc conseillé de pratiquer une ou des activités qui entraînent les muscles pour que ceux-ci souffrent moins à leffort.
Laqua-stretch (étirements en douceur des muscles dans leau) est très adapté à la fibromyalgie et apporte un assouplissement musculaire indéniable qui devra être régulièrement recherché. Les associations peuvent accéder à des structures qui proposent des activités aquatiques en eau chaude (30° C environ).
La marche, activité simple à mettre en place, doit tenir compte de létat du terrain, du rythme propre à chacun, des conditions climatiques, des possibilités de récupérer en voiture les personnes trop fatiguées, tout en veillant, par la présence d'un bénévole sensibilisé au problème, à ce que des discussions sur la maladie et ses conséquences ne deviennent des sujets trop répétitifs et porteurs de pessimisme.
Le stretching, méthode détirement des muscles en salle de gymnastique, sil est adapté à la pathologie, est efficace. Il faut rechercher lassouplissement de la masse musculaire et lallongement des muscles et des tendons, ce qui diminue les tensions accumulées.
Toutes ces activités doivent être pratiquées sans engendrer de douleur : bien écouter son corps et toujours rester à la limite du seuil douloureux. C'est pourquoi il est important de sallier les services de professionnels ou de personnes très informées, ce que peut permettre la structure associative. Lorsque les personnes qui encadrent le groupe sont elles-mêmes touchées par la maladie, cela nen est que mieux pour le groupe, lapproche pouvant être mieux ciblée.
La psychologie du groupe est importante dans le cadre de toutes ces activités : il ne faut pas que cela devienne un lieu de plaintes, leffet serait psychologiquement désastreux.
Dans tous les cas il ne faut pas parler de « traitement » mais dune prise en charge pluridisciplinaire. Le but est daméliorer la qualité de vie, améliorer létat fonctionnel, mieux gérer la douleur (qui ne sera pas éliminée) et permettre la poursuite de diverses activités voire dun travail adapté.
Lassociation et les contentieux socioprofessionnels :
Sur un autre plan, lassociation doit être là pour accompagner les personnes vivant des contentieux socioprofessionnels. Les affaires de licenciement, de difficultés professionnelles doivent pouvoir être discutées avec des membres de lassociation. Toujours selon leur compétence bien-sûr. Parfois il est nécessaire de se faire aider par un syndicat ou un représentant du personnel de lentreprise où travaille la personne.
Plus encore, les litiges avec les caisses dassurance maladie ou les assurances en général doivent pouvoir être abordés et laide à ladhérent apportée dans le cadre juridique en vigueur.
Ne jamais aller au-delà de ce que la loi permet, cest-à-dire ne jamais utiliser un dossier comme élément de promotion pour lassociation ou de combat pour une cause, aussi louable soit-elle. Cest le malade qui en serait victime en premier lieu ainsi que lensemble des fibromyalgiques qui risquent de se voir reprocher des attitudes inutiles voire agressives.
Dans ce rôle nous devons pouvoir expliquer les droits du malade, les démarches possibles pouvant conduire à la reconnaissance de son état. Nous devons éviter les interventions auprès dorganismes qui, soit incompétents en la matière ou saisis avec un dossier incomplet, se voient contraints de rejeter des demandes ce qui est toujours ressenti comme une frustration par le malade.
Le rôle de lassociation nétant pas de faire du tapage mais dêtre efficace, limpact sur le corps médical comme sur les caisses dassurance maladie est directement lié au contenu de ce rôle. Une action bien comprise, dont lobjectif médico-social est partagé avec tous les partenaires, est le seul moyen pour que notre démarche explicative sur la maladie puisse être reconnue et acceptée.
Il faut aider les malades à accéder à une meilleure autonomie, à éviter de formuler des demandes excessives ou de statut inapproprié, à se comporter en personne avisée et responsable : ne pas se montrer autre que ce que lon est, ne pas chercher une compensation financière irréaliste.
Ce à quoi un malade a droit sera respecté, faut-il encore faire les demandes nécessaires et suffisantes, convaincre sans agacer, avoir un dossier médical clair et des certificats précis.
Bien avoir conscience que les demandes abusives se retournent toujours contre le demandeur, individu ou association.